À la rencontre
de
QR Créations

QR Créations
Quentin de Riberolles

Derrière QR Créations, il y a Quentin, ancien officier de l’armée de terre, et un objet oublié qu’il fait renaître : le foulard d’instruction. Ce carré de coton, né sous la III République pour instruire les soldats, il l’a redessiné pour l’armée d’aujourd’hui, un aide-mémoire porté au cou ou glissé dans la poche, imprimé et confectionné dans les Vosges, avec une vraie démarche solidaire. Rencontre avec un créateur pour qui chaque foulard a du sens.

“Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Dans une vie, il y a plusieurs vies ! J’ai passé mon bac en 1992. J’ai d’abord travaillé dans l’humanitaire : une mission en ex-Yougoslavie en 1994-1995, puis le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies à Djibouti, comme adjoint d’un chef de camp. En 1995, je suis entré à l’École nationale des sous-officiers d’active de Saint-Maixent, et j’ai déroulé une carrière militaire, d’abord comme sous-officier, puis comme officier, jusqu’en 2023. On y reviendra, car c’est de là que viennent les foulards que je crée aujourd’hui.

Après l’armée, j’ai travaillé un an dans le sport automobile, pour un sous-traitant de Michelin. Et en 2024, je me suis enfin lancé dans la réalisation de ces foulards d’instruction, une idée que j’avais en tête depuis cinq ou six ans.

Qu’est-ce qu’un foulard d’instruction, et comment l’idée est-elle née ?

Le mouchoir d’instruction, c’est un carré de coton d’environ 80 cm de côté, inventé en France sous la III République, après la défaite de 1870. À l’époque, un officier supérieur avait constaté que les recrues n’étaient pas assez instruites, beaucoup ne savaient pas lire et il a eu l’idée d’imprimer des instructions à destination des soldats directement sur des carrés de coton.

J’ai découvert ces mouchoirs l’année de ma formation à Saint-Maixent, dans un musée à Verdun, et je me suis offert la reproduction d’un modèle de la III République. Ce foulard m’a accompagné tout au long de ma carrière : il était affiché en décoration dans mon bureau, et il intriguait toujours les visiteurs. Beaucoup le trouvaient beau, intéressant, et regrettaient que cela n’existe plus.

Alors, en 2020, alors que j’étais encore en service, j’ai commencé à réfléchir sur PowerPoint, car je ne suis pas graphiste, à la manière de renouveler cette tradition pour le soldat d’aujourd’hui, avec les matériels d’aujourd’hui. L’idée germait. Après avoir quitté l’armée, puis le sport automobile, je me suis dit que c’était le moment de la concrétiser.

L’objectif était de coller aux couleurs des tenues militaires actuelles, l’ancien treillis camouflé a laissé place à un nouveau bariolage multi-environnement, entré en service ces dernières années. Le matériel du soldat a lui aussi été renouvelé : on est passé du FAMAS, le fusil d’assaut des années 1980, à l’arme individuelle du fantassin ; et d’un pistolet automatique des années 1950 au pistolet Glock. C’était l’occasion de renouveler cette tradition en partant d’abord de l’arme longue du soldat, puis du pistolet, avant de décliner toute une gamme.

Comment est né QR Créations ?

Il y a un peu plus d’un an et demi, je me suis lancé dans une aventure entrepreneuriale à laquelle je ne connaissais rien, un domaine que je découvre encore. Deux amis se sont associés à moi pour m’épauler : un officier de réserve et un sous-officier aujourd’hui en retraite, qui m’ont suivi une partie de ma carrière et m’accompagnent dans ce projet.

Le parcours a été semé d’embûches. Il a fallu créer la société, trouver un graphiste, en changer au bout d’un mois et demi… Puis j’avais repéré sur Internet une entreprise lyonnaise pour imprimer mes foulards : tarifs très bas, site très soigné. Mais au moment de lancer les prototypes, je me suis rendu compte que ce n’était qu’une vitrine, que tout était sous-traité et que personne n’était réactif. En octobre, au moment de lancer la production, je me suis retrouvé le bec dans l’eau.

Il me fallait un autre fournisseur et pour moi, il était hors de question de faire fabriquer en Chine, au Maghreb ou en Europe de l’Est. Je cherchais un producteur français de qualité. C’est finalement un syndicat du textile français qui m’a mis en relation avec Up’Textile. La commerciale a été extrêmement réactive, elle a répondu à toutes mes demandes rapidement et toujours avec le sourire, à des tarifs très raisonnables. J’ai choisi de faire produire mes foulards chez vous, dans les Vosges, une terre de tradition textile française. Tout cela a du sens pour moi.

Pourquoi la fabrication française est-elle si importante pour vous ?

Parce qu’elle est au cœur du projet. Mes foulards sont conçus dans l’Aisne, dessinés en Ille-et-Vilaine, et imprimés et confectionnés dans les Vosges. Pour moi, c’est fondamental, c’est garant de la qualité, et cela s’accompagne d’une entreprise réactive avec qui l’on obtient satisfaction.

Il y a aussi une dimension solidaire : une part des bénéfices est destinée à des associations qui prennent soin des militaires blessés en opération. Mon public cible, ce sont essentiellement des militaires, mais pas seulement et derrière le produit, il y a une vraie démarche éthique. Faire fabriquer à l’autre bout du monde n’aurait aucun sens.

Foulard d'instruction soldat
Foulard d'instruction armée française
Foulard d'instruction armée
Foulard QR Créations porté
Foulard chien

Quelle est votre gamme, et vos projets à venir ?

J’ai aujourd’hui trois modèles à mon catalogue : un sur l’arme longue, un sur l’arme de poing, et un hommage à la Légion étrangère. Un quatrième est en cours de conception, un foulard sur la lutte anti-drone, un sujet très actuel avec les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient et je ferai naturellement appel à Up’Textile pour son impression, probablement à l’automne.

Mon objectif, c’est d’élargir la collection pour atteindre une dizaine ou une douzaine de modèles. J’aimerais en consacrer aux troupes de marine, aux chasseurs à pied, au secourisme au combat, à l’action en zone urbaine… Les projets ne manquent pas. À terme, mon souhait serait qu’au sein d’un groupe de combat de dix hommes, chacun ait un foulard différent, et que tous soient complémentaires sur le terrain.

J’aimerais aussi proposer des foulards aux écoles militaires. Je pense par exemple à un foulard de promotion pour les élèves de Saint-Maixent avec l’insigne de la promotion et le nom de tous les élèves. Sur une promotion de 300 à 340 personnes, ces six mois de formation lient les gens pour toute leur carrière : un tel foulard serait un souvenir très symbolique, porteur de sens.

Concrètement, à quoi sert ce foulard ?

C’est un véritable aide-mémoire de terrain. Sur le foulard sont imprimés des consignes et des savoir-faire : règles de sécurité, maniement de l’arme, gestes de secourisme au combat… Le soldat peut l’avoir sur lui, autour du cou ou dans la poche. C’est une mémoire qui ne consomme aucune batterie et n’émet aucun rayonnement électromagnétique, un vrai atout, car sur le terrain, face à des unités de guerre électronique, un téléphone portable devient une vulnérabilité.

Prenons le foulard de secourisme au combat : il rappelle comment extraire un blessé sous le feu, poser un garrot, ou rédiger un message d’évacuation sanitaire. Ce sont des savoir-faire connus, revus chaque année, mais qu’il est toujours utile de se remettre en mémoire au bon moment et le papier, lui, s’abîme avec la pluie, la boue, la transpiration.

Le foulard trouve aussi son usage dans le quotidien de l’instruction. Lors d’un entraînement au tir, par exemple, les groupes tirent à tour de rôle : pendant qu’un groupe est au pas de tir, les autres attendent. Plutôt que de laisser ce temps mort, le chef de groupe sort le foulard sur l’arme longue et fait une révision, règles de sécurité, gestuelle. Le support est pédagogique, et tout le monde y gagne. Et bien sûr, une fois encadré, un foulard fait aussi une belle décoration de bureau, comme on aime en accrocher chez les militaires.

Où peut-on trouver vos foulards ?

La boutique est en ligne depuis le mois de mars, et ça commence gentiment. J’ai aussi quelques distributeurs : le groupe Abilis, héritier des maîtres tailleurs et bottiers qui habillaient les armées françaises avec Abilis Paris (deux points de vente, à l’École militaire et à Balard) et Abilis Toulon ; le groupement de recrutement de la Légion étrangère au fort de Nogent ; et le 4 régiment étranger à Castelnaudary, l’unité de formation des légionnaires. Je continue d’en chercher : je ne désespère pas que le produit finisse par être suffisamment connu pour que d’autres distributeurs le prennent.

Aujourd’hui, mes clients sont surtout des militaires d’active ou de réserve, des amoureux de la Légion étrangère, ou des passionnés qui connaissent le foulard de la III République et veulent faire perdurer la tradition. Mais je suis convaincu que le public est plus large : une fois plié, le caractère militaire du foulard s’efface au profit des couleurs, le premier joue sur des tons bordeaux lie-de-vin, le deuxième est plutôt vert, et le troisième, sur la Légion étrangère, ressort très bien avec ses bordures rouges et vertes. J’ai d’ailleurs réalisé un tutoriel de pliage et de port sur Instagram, car mon souhait, c’est que le foulard sorte des casernes.

Quelles sont les valeurs de QR Créations, et votre exigence de qualité ?

Trois choses me tiennent à cœur : la fabrication française, la démarche solidaire au profit des militaires blessés, et la qualité. Cette qualité, je l’ai voulue irréprochable dès le départ : j’ai demandé deux prototypes avant de lancer la production, avec des échanges sur les valeurs de teinte des dessins, pour obtenir un foulard vraiment portable, jamais terne. J’ai beaucoup apprécié la réactivité de la commerciale, Nathalie, celle d’Adeline sur la construction du projet, et celle de Julien, le graphiste, qui m’a vraiment accompagné.

Quand j’ai envoyé un exemplaire à mes deux associés, ils m’ont dit être bluffés par le rendu de l’impression, la finesse des détails et les contrastes. Et c’est le cas de toutes les personnes à qui je présente les foulards. La qualité est au rendez-vous, y compris à l’entretien : nous avons repassé mille foulards à la maison, avec mon épouse et ma fille, et rien n’a bougé. Cela n’a rien à voir avec certaines reproductions de foulards anciens fabriquées en Chine, où la texture du tissu et le rendu des dessins ne sont pas à la hauteur.

Je ne suis peut-être pas un bon entrepreneur, car mon premier objectif n’est pas de m’enrichir : c’est vraiment de proposer des produits de qualité. Et dans ma manière de travailler, aussi bien avec mon graphiste qu’avec Up’Textile, je ne suis pas dans une logique de sous-traitance, mais de coopération. Je suis très heureux des relations qui se sont instaurées avec les équipes pour permettre la réalisation de ces foulards.”

Un grand merci à Quentin pour cette rencontre passionnante, et pour la confiance accordée à Up’Textile sur l’impression et la confection de ses foulards. On a hâte de découvrir les prochains modèles et de continuer à travailler main dans la main, dans cette logique de partenariat qui nous est chère.

Pour découvrir la collection : qrcreations.fr · Instagram : q.r.creations

Vous tenez une boutique, un mess ou un point de vente et l’univers de QR Créations vous parle ? Quentin développe son réseau de distributeurs : n’hésitez pas à le contacter pour proposer les foulards d’instruction à vos clients.

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