À la rencontre
de
Maison Limone

Maison Limone
Tamara Maison Limone
Maison Limone Bavoir
Serviettes bébé Maison Limone

Derrière Maison Limone, il y a Tamara, une créatrice belge au parcours tout sauf linéaire, et une petite fille prénommée Sasha, le « petit citron » qui a tout déclenché. Marque de puériculture textile pensée pour durer et pour transmettre, fabriquée au plus près en France, Limone s’apprête à voir le jour cet automne. Avant son lancement, Tamara nous ouvre les portes de son univers : une histoire d’esthétique, de frustrations de jeune maman transformées en produits, et d’une conviction tenace, les beaux objets sont les gardiens de nos souvenirs.

« Pouvez-vous nous raconter votre parcours et comment vous en êtes arrivée là ? »

À la base, j’ai fait des études de communication et marketing. J’ai toujours été passionnée par le design et l’architecture, en particulier l’architecture d’intérieur. J’ai un rapport à l’esthétique très présent depuis toute petite, au point que, enfant, un lieu qui n’était pas beau me mettait mal à l’aise, me donnait des boules d’angoisse sans que je sache me l’expliquer.
 
J’ai travaillé une quinzaine d’années comme salariée, surtout à des postes d’assistante de direction, un peu le bras droit qui gère le quotidien d’une société. J’ai touché à tout, je suis assez autodidacte, mon CV peut faire peur autant qu’il peut réjouir ! J’ai toujours été une fonceuse, je n’ai jamais compté mes heures, et j’ai toujours eu cette âme d’entrepreneure, même sans venir d’une famille d’entrepreneurs. On m’a longtemps dit de rester petite, de ne pas trop prendre de place et je vous raconte ça parce que c’est important pour comprendre Limone : un enfant à qui on répète que ce qu’il dit n’a pas d’importance, à qui on demande de se faire tout petit, grandit avec un bagage qui n’est pas vraiment le sien. Moi, je suis convaincue qu’on ne change pas fondamentalement : notre enfant intérieur a toujours été là, si on prend la peine d’y prêter attention.
 
Très jeune, j’ai vécu seule, à 17 ans, la dernière année avant l’université, chez nous en Belgique. Ça a forgé mon caractère et ça m’a mise très tôt le pied à l’étrier. J’ai toujours trouvé du travail facilement et su me faire ma place, jusqu’en 2021. À l’époque, je gérais un centre d’affaires en Belgique, avec une équipe, pour un grand groupe international. Le Covid est arrivé, la société en a profité pour fermer plusieurs succursales dont la mienne, et je me suis retrouvée licenciée pour mon plus grand bonheur, en réalité.
 
En parallèle de mon job, j’avais monté une rôtisserie en pop-up : je travaillais à temps plein comme manager et, en plus, je cuisinais, je faisais le service, je livrais des clients. Une vraie tête brûlée ! Ce projet-là, plus « terre à terre », était mieux accepté autour de moi. Mais au bout de huit mois, je me suis rendu compte que, même si j’avais très bien géré la partie commerciale et le financement, je ne me voyais pas là dans dix ans. Comme je le dis : mon échelle était bien posée, mais pas contre le bon mur. Savoir se remettre en question et bifurquer, c’est aussi une forme d’intelligence.
 
J’ai toujours eu 36 000 idées, on m’a longtemps vue comme « la spéciale de la famille », celle qui lance des trucs sans qu’on sache où elle va. Ça m’a beaucoup impactée, avant que je comprenne, aujourd’hui, que tout va bien : j’ai les pieds ancrés au sol, j’ai fait des expériences, j’ai eu des échecs, et tout ça n’a été que de l’apprentissage.
 
Et puis Sasha est née, en juillet 2021, ma fille, le plus grand bonheur de ma vie. Forcément, moi qui adore le design, j’ai commencé à préparer et décorer sa chambre : j’ai peint un arbre avec des citrons, sur des codes couleur bleu clair, lavande et jaune tendre. Ce sont exactement les couleurs de Limone aujourd’hui, tout part de là. Un jour, à table avec elle, dans ce joli coin à langer tout assorti, « comme sur Pinterest »… il y a eu une petite régurgitation, un pipi de côté, et je me suis retrouvée noyée sous les langes, les essuies, un panier à linge qui déborde. Je me suis dit : mais pourquoi n’a-t-on pas un truc plus pratique, une sorte d’alèse au milieu qui garderait ce coin toujours rangé ? C’est comme ça que j’ai dessiné mon tout premier produit : une housse de matelas à langer. Le lendemain, j’ai voulu repenser le tour de lit… et de fil en aiguille, Limone est né, fin 2021.
 
J’ai d’abord voulu développer la marque avec un atelier en Europe du Sud, des Français implantés en Espagne. Je me suis fait avoir, je vous la fais courte, mais ça m’a beaucoup appris. Je suis repartie sur une usine au Portugal, très sérieuse, qui travaille pour de grandes maisons mais je n’étais alors « personne », et le projet s’essoufflait. Je me suis dit : si ça bute autant, c’est que ce n’est pas le moment. J’ai tout remis dans une jolie boîte, mes dessins, mes protos, sans rien jeter, et je suis retournée chercher du travail.
 
C’est là que la réalité m’a rattrapée : devenue maman et ayant passé 35 ans, je me suis pris une vraie claque. On m’a presque dit que je ne valais plus grand-chose sur le marché de l’emploi, trop chère, et ce qui m’a frappée ce sont souvent des femmes, côté RH, qui m’ont opposé qu’avec un enfant, je n’étais peut-être plus « faite » pour un temps plein. Alors que gérer un enfant à temps plein, jour et nuit, c’est le travail le plus fatigant que j’aie jamais fait ! Petit à petit, j’ai compris que, profondément, je n’étais pas faite pour ça : je suis faite pour me lancer. Mon « why » a toujours été le même : prendre soin des gens et les émerveiller. Si seulement les gens pouvaient voir, ne serait-ce qu’un peu, la manière dont je vois le monde, ils le percevraient avec plus de douceur et d’espoir.
 
Fin de l’année dernière, j’ai ressorti Limone. J’en avais rêvé plusieurs fois, j’avais eu comme des flashs que je ne m’explique pas, et je sentais que c’était le moment. J’avais mûri, et cette fois, j’ai été prise au sérieux : l’approche avec les partenaires a été complètement différente. En février, je suis allée au salon Première Vision à Paris, mon premier vrai pas. Depuis, ça ne s’arrête plus.

D'où vient le nom « Limone » ?

Attention, ça ne se dit pas à l’italienne : on dit « Limone », comme « Simone » mais avec un L devant. Ça veut dire « citron » en italien. Si je le prononce comme un prénom, c’est parce que Limone a une vraie personnalité, c’est une personne à part entière : elle porte mon histoire, mais elle a son caractère, sa manière de parler. Et puis « Simone », ça me fait penser à Simone Veil, à ces femmes pleines de sagesse au vécu incroyable.
 
L’origine est très simple : quand j’étais enceinte de Sasha, très vite, j’ai appelé ce petit bébé qui grandissait « mon petit citron ». C’est aussi bête et beau que ça. Comme j’avais dessiné des citrons dans sa chambre, quand j’ai réfléchi au nom et aux couleurs de la marque, ça a été une évidence. Il ne fallait pas chercher midi à quatorze heures : la simplicité fait bien les choses. Au fond, Limone, c’est un peu Sasha.

Quels produits proposez-vous ?

Ce sont des essentiels de naissance, surtout des produits textiles. Le produit phare, ce sont les capes de bain évolutives. Je ne réinvente pas la roue, on est d’accord, mais j’ai vraiment tout repensé à partir de mes propres points de frustration de maman. Chaque produit est né d’un « tiens, est-ce qu’on ne pourrait pas faire un peu mieux ? », en conciliant le pratique et l’esthétique parce que le bel équilibre des deux manque assez globalement.
 
Il y a donc les capes de bain, des bavoirs, le linge de bain et le linge de lit, le tapis à langer nomade, de grands langes tétras à double fonction… On commence vraiment avec les essentiels du quotidien, pensés pour être beaux, pratiques et pour prendre soin de l’enfant comme des parents. Un sac de maternité viendra dans un second temps, car il demande de gros investissements en développement.
 
Ensuite, j’aimerais faire évoluer Limone au fil des saisons avec des collections capsules, peut-être en collaboration, et pourquoi pas une collection de vaisselle pour enfants. Mais toujours avec la même exigence : des choses pratiques, durables, qui ont la valeur de la transmission. Parce que je suis intimement convaincue que les beaux objets, parfois très simples, sont les gardiens de nos souvenirs. C’est comme un parfum ou une chanson. On reste sur l’univers de la puériculture, tout ce qui tourne autour de l’enfance.

Quelles sont les valeurs de Maison Limone ?

La première, c’est la transmission : transmettre de génération en génération, du grand au petit frère ou à la petite sœur. Un produit à l’épreuve du temps, qui garde les souvenirs, mais aussi des moments de partage, l’apprentissage du bain, par exemple. C’est assez universel, finalement.
 
La deuxième, c’est la durabilité, à double sens. Des produits faits pour durer, d’abord. Mais aussi une production responsable : je n’ai pas envie de faire fabriquer en Chine et d’aller sourcer à l’autre bout du monde. Le marché du textile est déjà saturé, on n’a pas besoin d’une marque de puériculture de plus. Mais je crois que les modèles doivent évoluer, et que ceux qui font les choses avec conviction sont là pour transmettre des valeurs, une histoire un peu différente, et pour produire autrement.
 
Si je produis local, ce n’est pas qu’une question de logistique : c’est parce qu’être proche de mes fournisseurs me permet d’entretenir une relation complètement différente. Quand j’ai envoyé mes imprimés chez vous, chez Up’Textile, j’ai eu affaire à Julien, qui m’a énormément aidée, parce que je ne suis pas technicienne, je ne suis pas graphiste, et la technique, ce n’est pas mon métier. Avoir des gens sûrs sur qui compter, c’était essentiel. Quand j’ai Nathalie Crocioni au téléphone chez vous, il y a quelque chose de plus familial, de plus collaboratif. Et la qualité, je sais la vérifier, ce que je ne pourrais pas faire à l’autre bout de la Chine, où rien ne me garantit qu’il n’y a pas des enfants derrière.
 
Je ne veux pas faire de bullshit écologique, mais la traçabilité, savoir si les textiles sont de qualité et non nocifs pour ma fille, ça compte vraiment pour moi. Je fais une marque d’enfant, je parle d’espoir : ce serait quand même incohérent d’aller produire à l’autre bout de la Terre.
 
Si je produis en France plutôt qu’en Belgique alors que je suis belge, c’est parce que je trouve que la France a mieux protégé son patrimoine et sa main-d’œuvre qualifiée sur ce terrain. Et puis je suis à une ou deux heures de route de Cambrai : géographiquement, ça reste tout proche. Ici, je peux toucher la matière, c’est même un plaisir de travailler comme ça.

Comment voyez-vous Maison Limone dans cinq ans ?

Je souhaite vivement voir Limone au sein de beaucoup de familles, en train d’accompagner des histoires de famille, où chaque article devient un gardien des souvenirs en train de se construire. Pour moi, Limone n’est pas juste une marque ou un produit : c’est un univers à part entière.
 
J’aimerais l’explorer plus largement, avec des collections capsules et de vrais rendez-vous saisonniers, Noël, Pâques… J’adorerais qu’à cinq ans, la chasse aux œufs Limone soit devenue une petite institution, un vrai événement où les gens ont envie d’être. Il y a tellement de traditions et de valeurs autour de ces moments, et c’est très important pour moi.
 
Au fond, Limone porte un message auquel je tiens : on a le droit de rêver. C’est un refuge pour l’enfance, parce que l’enfance, la période la plus courte de la vie, détermine tellement de choses ; c’est le socle fondateur de l’adulte qu’on devient. Voilà ce que j’aimerais que Limone devienne : bien plus que du textile, un univers qui accompagne les familles et qui donne, à chacun, l’envie et le droit de rêver.

En une phrase, pourquoi choisir Maison Limone ?

D’abord, pour la qualité, la vraie. Cela fait quatre ans que je développe mes prototypes et que je les utilise au quotidien : ils sont éprouvés par la vraie vie.
 
Et puis parce que ce n’est pas une histoire « chiquée » : c’est une histoire qui vient des tripes, faite par une maman pour les parents, en réponse à de vraies frustrations que j’ai moi-même rencontrées. Je ne me suis pas levée un matin en me disant « il faut que je trouve une idée » : je me suis levée avec un problème, et je l’ai résolu. Voilà, tout simplement.

Un lancement à suivre

Limone se lance fin septembre, sous forme de précommandes. C’est un choix assumé, pour deux raisons : une logique de trésorerie, parce que je veux construire une marque pérenne et réfléchie ; et le refus du gâchis, parce que je n’ai aucune envie de surproduire et de me retrouver avec du tissu perdu.
 
D’ici là, j’active mes réseaux et je prépare une série d’événements « Les Rendez-vous de Limone » pour aller à la rencontre des (futures) mamans et confronter la marque au public avant le lancement. J’y crois beaucoup : quand on parle de bébés, pouvoir toucher et expérimenter le produit en vrai, ça change tout.
Un immense merci à Tamara pour cette rencontre d’une sincérité rare, et pour la confiance accordée à Up’Textile sur l’impression de ses textiles. On a hâte de voir Maison Limone prendre son envol cet automne et de suivre, avec vous, chacun de ses premiers pas.
 
Pour découvrir l’univers de Maison Limone et suivre le lancement : Instagram @maison.limone et le site : maisonlimone.com
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