À la rencontre
de
Maison Les Muses

Maison Les Muses
Nilda Maison Les Muses

Maison Les Muses, c’est l’histoire de deux créatives, Pascale Laroche et Nilda Hernandez, qui dessinent des univers à la main avant de les faire vivre sur les murs, les sols et les objets du quotidien. Fondé en 2019 en Alsace, leur studio de design imagine papiers peints, fresques, vitrophanies et, depuis peu, une collection d’objets, le tout fabriqué au plus près de chez elles. Partons à la rencontre de Nilda, qui nous raconte un parcours guidé par l’instinct, l’attention au détail et une vraie envie de faire les choses autrement.

“Pouvez-vous nous présenter votre parcours et la naissance de Maison Les Muses ?

J’ai fait des études d’art : c’est un milieu dans lequel j’ai toujours évolué et travaillé. Après mon master, je suis passée un temps par la communication, un peu à gauche, à droite. Mais la création me manquait vraiment. Alors, en 2019, j’ai décidé de monter ma boîte, mon studio de design.

Au départ, il n’y avait pas d’objets : on travaillait uniquement le mur, le papier peint et la fresque. Un tout autre métier. Et pourtant, l’objet et l’intérieur ont toujours été un petit péché mignon pour moi, je fais partie de ces gens qui guettent les collaborations quand elles sortent, qui s’offrent régulièrement une pièce chez un céramiste. Dès que quelque chose me parle, je craque.

Puis est venu un moment de doute. Je me souviens d’un ami qui nous a lancé : « Mais pourquoi vous ne faites pas d’objets ? » Ça a fait tilt. On a commencé à chercher les objets qui nous plaisaient, et le textile s’est imposé tout de suite : c’est un de ces petits détails capables de faire une grande différence, et un médium formidable à travailler, avec une infinité de textures et d’impressions.

Comment avez-vous connu Up’Textile ?

Depuis le premier jour, notre credo, c’est de travailler avec les entreprises les plus locales possible. Quoi qu’on fabrique, les fresques, le papier peint, tout est fait en France. C’est en cherchant pour le textile que nous sommes tombées sur vous. On est venues visiter vos locaux, on a demandé un test… et on est tombées amoureuses du résultat. Depuis, on ne vous a plus lâchés.

Aujourd’hui, vous faites un peu partie de la Maison Les Muses dès qu’il est question de textile. Nous sommes deux fondatrices, désormais épaulées par une gestionnaire de projet, avec des poseurs et des fabricants qui nous accompagnent selon les besoins. Nous n’avons pas énormément d’ateliers partenaires, mais ceux que nous avons, nous les avons éprouvés : des tests, des prototypes, une vraie connaissance de leur rigueur et de leur travail. C’est exactement comme ça que nous choisissons les gens avec qui nous avançons.

Quelles sont les valeurs de Maison Les Muses ?

La première, c’est le local, autant que possible. Aujourd’hui, le plus loin que nous fassions fabriquer, c’est l’Allemagne, pour les tapis.

Vient ensuite l’authenticité : nous faisons toujours des choses qui nous ressemblent. Et là, je ne dis même pas que nous essayons, parce que nous y arrivons : nous ne suivons pas les tendances. Bien sûr, l’époque nous traverse comme tout le monde, et certaines couleurs finissent par s’installer dans nos répertoires mentaux. Mais nous ne cherchons jamais « ce qui se fait en ce moment » pour décider de ce que nous proposons. Ce n’est tout simplement pas notre façon de travailler.

Et puis il y a l’intelligence collective, une valeur essentielle pour nous, le respect des gens avec qui l’on travaille. Vous, par exemple, avez un savoir-faire que nous n’avons pas sur l’impression textile, et nous le respectons. Quand vous nous avez prévenues, au départ : « Attention, les couleurs de votre écran ne réagissent pas comme les pigments chez nous », nous ne nous sommes pas braquées en pensant qu’on cherchait à nous vendre des nuances pour rien. Nous avons commandé le nuancier, et nous avons constaté que vous aviez raison. C’est ça, l’intelligence collective : quand vous travaillez avec des gens qui ont à cœur le résultat final, vous savez que tout se passera bien. Donc oui, pour résumer : authenticité, intelligence collective, et le plus local possible.

D’où vient votre créativité ?

Je crois qu’il existe des tempéraments créatifs. Et ces tempéraments-là, quoi qu’ils fassent, gardent toujours cette manière de détourner les objets, de les voir autrement, d’imaginer un volume en aplat et un aplat en volume. C’est une façon d’aborder le monde.

Pour moi, tout est affaire d’attention au détail. Une personne peu créative, devant quelque chose de beau, se dira : « c’est joli. » Une personne créative, devant quelque chose qui n’est pas forcément beau, se dira : « tiens, cette couleur à côté de cette autre, ça vibre, ça fonctionne » ; ou « cette texture est intéressante » ; ou encore « ces proportions tombent juste ». On décompose naturellement les choses en les regardant.

Ça m’arrive tout le temps. Un jour, au restaurant, un dessous de table était imprimé d’une couleur d’un côté et d’une autre de l’autre. Je jouais avec, je l’ai plié et j’ai découvert que les deux teintes réunies, un rouge bordeaux brique et un vert un peu particulier, s’accordaient à merveille. J’ai pris une photo.

Maison Les Muses création d'espace
Maison Les Muses Mobilier coussin tapis
Maison Les Muses design house
Maison Mes Muses collection capsule
Maison Les Muses Vitrophanie
Maison Les Muses panneaux

D’où vient le nom « Les Muses » ?

C’est une idée née avec Pascale, qui a cofondé le studio avec moi. Nous cherchions un nom pour notre studio de design, quelque chose qui nous ressemble et qui nous parle. À un moment, nous nous sommes dit que nous voulions nous amuser et « Les Muses », au départ, n’avait même rien à voir avec l’inspiration : c’était simplement le jeu de mots caché dans « amuser », où se niche le mot « muse ».

Puis, en y réfléchissant, la sonorité nous a séduites, et le sens s’est imposé de lui-même : inspirer. Car notre envie a toujours été de travailler dans des lieux où les gens n’ont pas forcément l’habitude de croiser des objets créatifs : médiathèques, théâtres, centres sportifs, entreprises. Avec les objets, nous poursuivons la même idée : offrir à chacun un morceau de créativité chez soi, et l’inspirer à créer à son tour.

Où peut-on retrouver vos créations ?

Nous sommes justement en train de le construire. Nos objets sont pensés en séries limitées, en petites séries : faire de grandes séries n’est pas notre objectif, et ne le sera pas, ce serait incompatible avec l’idée de garder des productions locales.

Ce que nous bâtissons en ce moment, c’est un réseau de showrooms dans les grandes villes de France. Ce sont souvent des lieux à mi-chemin entre le showroom de design et la galerie, qui cherchent des objets uniques, un peu différents, signés de fabricants et de designers français. Nous finalisons déjà des contrats avec quelques villes ; je ne peux pas encore donner d’adresses précises, mais tout cela se construit peu à peu, et les points de vente apparaîtront sur notre site dès qu’ils seront confirmés.

Quels produits et services proposez-vous ?

Nous avons deux cibles : les professionnels et les particuliers. Mais nous ne vendons rien en direct aux particuliers aujourd’hui : nos produits passent par des revendeurs.

Pour simplifier, il y a d’un côté un travail « espace », de l’autre un travail « objet ». Le travail espace couvre tous les supports muraux, les sols, les plafonds et même la moquette. Nous faisons de la vitrophanie, c’est-à-dire du décor sur vitre, ainsi que des décors muraux déclinés en de multiples techniques. Les possibilités sont quasi infinies. Nous savons faire énormément de choses mais uniquement celles que nous maîtrisons. Nous ne nous aventurons jamais sur un terrain que nous ne connaissons pas ; en revanche, nous savons parfaitement nous entourer.

Le travail objet, lui, est plus récent. Nous collaborons avec un ébéniste pour prototyper nos premières pièces : une lampe et un miroir, si tout se passe bien. Pour le textile, c’est vous, Up’Textile. Et nous cherchons encore des céramistes avec qui travailler mais ce sera pour 2027.

Comment voyez-vous Maison Les Muses dans cinq ans ?

Nous traversons en ce moment une grande phase de changement, portée par une dynamique de croissance très positive. Je me sens vraiment chanceuse, et cela rend ma vision à cinq ans résolument optimiste, parce qu’elle est tournée vers l’expansion.

Dans cinq ans, je vois un studio plus grand, avec davantage de personnes à nos côtés, une équipe plus solide et mieux répartie en France. Nous sommes aujourd’hui basées en Alsace, avec des relais à Paris et du côté de Nantes, et j’aimerais que ce maillage s’étende.

Et puis il y a les rêves. Le premier : une collaboration avec Monoprix. Je les suis depuis toujours et je trouve leur curation remarquable ; ils ont cette intelligence de dénicher des designers reconnus dans leur milieu tout en restant un peu confidentiels pour le grand public, des créateurs qui portent de vraies visions. Ce sont des gens qui prennent des risques dans leurs collaborations, et c’est assez rare. Le second rêve, ce serait de travailler avec un hôtel, où qu’il soit dans le monde, nous travaillons beaucoup à l’étranger. Nous avons failli le faire, sans y parvenir cette fois, mais imaginer toute l’identité visuelle intérieure d’un lieu, papiers peints, linge de lit, rideaux, tapis, céramiques et jusqu’au mobilier, puisque nous travaillons aussi avec des ébénistes, ce serait magnifique. Alors disons qu’à cinq ans, nous sommes plus nombreux, toujours aussi créatives, en pleine collaboration avec Monoprix, et fraîchement sorties d’un projet d’hôtel.

Qu’avez-vous envie d’apporter à travers Maison Les Muses ?

Honnêtement, je ne sais pas si j’ai une mission, au sens d’une émotion précise que je voudrais transmettre. Mais j’ai pris conscience de mon rapport aux objets grâce à ma petite sœur. Elle est aussi créative que moi, avec un tempérament plus contemplatif, là où je suis plutôt du genre à foncer.

Ma sœur choisit chacun des objets qui l’entourent avec un très grand soin. C’est un trait qu’elle a toujours eu : même jeunes, même sans les moyens, elle portait déjà cette attention profonde à ce qu’elle voulait. Rien n’entrait chez elle par hasard : chaque objet était choisi, regardé, désiré.

Je pense souvent à sa vaisselle. Le matin, quand elle se prépare un café, elle choisit sa tasse et elle n’a que des tasses différentes. Ce geste minuscule m’a marquée. C’est précisément ce qui me plaît dans la création d’objets pour l’intérieur : l’idée d’entrer dans un petit rituel qui fait du bien.

Je ne crois pas que le bonheur soit toujours démonstratif. Il peut naître de moments de plénitude tout simples, de petits rituels du quotidien. Le matin, je m’accorde cinq minutes avec ma tasse préférée, j’en ai une que j’adore, absolument adorable, une céramiste bordelaise. Cinq minutes de plaisir, rien de plus. C’est cela que j’ai envie de porter dans les espaces et les objets.

C’est comme aller d’un point A à un point B en changeant d’itinéraire, juste pour passer devant une façade ou un balcon qui nous plaisent. Voilà le sens de mon travail : si je peux faire partie d’un de ces moments pour quelqu’un, alors je me sens pleinement à ma place. Ce que nous faisons est à la fois très humble et très important. Ce n’est pas grand-chose, mais cela crée de petites différences, jour après jour.

En une phrase, pourquoi choisir Maison Les Muses ?

Pour les particuliers : si nos univers visuels vous parlent, allez-y, d’autant plus si vous avez envie de soutenir des studios qui défendent la fabrication française. Je ne ferai pas de greenwashing en prétendant que nos produits sont écologiques ; je fais de mon mieux, mais la réalité de la production reste ce qu’elle est, et j’ai du mal à clamer que nous sommes irréprochables. Ce que je peux garantir, c’est que nous faisons les choses le plus correctement possible. Nous traitons nos fournisseurs avec égard et veillons à rémunérer tout le monde justement, ici comme à l’étranger. Nous choisissons les matériaux offrant le meilleur équilibre entre résistance et qualité : nos textiles, réalisés avec vous, sont certes majoritairement synthétiques, mais lavables, aux impressions résistantes, entièrement imprimés et façonnés en France à des prix quasiment équivalents à ceux de studios qui font fabriquer en Inde. Donc, si nos univers vous parlent et que vous cherchez une marque française, authentique et un peu différente : foncez.

Pour les professionnels : c’est la même chose côté univers. Mais j’ajouterais que si vous avez envie d’un studio sans réflexes tout faits, il existe des codes dans nos métiers, et nous aimons en sortir, de gens qui n’ont pas peur d’explorer et qui savent écouter vos besoins avant leurs propres habitudes… bref, si vous avez envie de créativité au sens plein du terme, venez nous voir.

Un projet à suivre

Petit teasing pour finir : en novembre, nous partons un mois en résidence auprès de communautés en Colombie. Nous y travaillerons à la valorisation de fibres issues de plantes aquatiques très envahissantes pour les mangroves locales. Ma mission : créer des fibres à partir de ces plantes et explorer ce qu’on peut en faire. Je partagerai régulièrement notre travail sur place, alors, pour suivre nos aventures là-bas, rendez-vous sur notre Instagram !”

Un immense merci à Nilda pour ce partage aussi sincère qu’inspirant, et pour la confiance accordée à Up’Textile sur l’impression de ses textiles. On a hâte de voir grandir Maison Les Muses.

Pour découvrir leur univers : maisonlesmuses.com · Instagram @maison_lesmuses

Vous êtes un showroom ou une galerie et l’univers de Maison Les Muses vous parle ? Le studio construit en ce moment son réseau de revendeurs : n’hésitez pas à les contacter.

Coussin Maison Les Muses impression Up'Textile
Maison Les Muses Miroir
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